CELI – Règles essentielles

Bientôt nous pourrons encore une fois cotiser dans notre compte d’épargne libre d’impôt (CELI). En effet, après le 1er janvier de la nouvelle année, nous pourrons y ajouter un montant maximal de 5,000$. Revisons donc les règles qui régissent ce type de compte classé dans la catégorie des abris fiscaux.

Le compte d’épargne libre d’impôt (CELI) arrive déjà à sa troisième année d’existence. Et pourtant, plus de 100 000 contribuables ne maîtrisent pas encore ses règles plus ou moins complexes.

Force est de constater que l’émission de « La Facture » diffusée la semaine dernière à Radio-Canada est loin d’encourager les particuliers à continuer à utiliser ce puissant incitatif à l’épargne à cause des pénalités imposées sur ses cotisations excédentaires.

L’ARC a reconnu les complexités à l’égard du CELI. Elle a donc fait preuve de souplesse, pour une deuxième année consécutive, envers les personnes qui ont réellement mal interprété les règles entourant ce véhicule d’épargne, et ce, pour l’année de production 2010. Oui, les pénalités exigées sur les cotisations excédentaires peuvent être annulées.

Voici donc un bref rappel des principales règles du CELI à retenir pour éviter toute confusion dans le futur :

Les 11 règles essentielles du CELI :

1) Tout résident canadien âgé d’au moins 18 ans peut investir dans un CELI;

2) Plafond annuel de 5000 $ pour tous les particuliers admissibles, et ce, quelque soit le revenu gagné;

3) Aucune limite d’âge pour cotiser;

4) Le CELI n’est pas un compte courant. Le CELI est un compte dans lequel on peut investir les mêmes placements que dans un REER;

5) Les cotisations ne sont pas déductibles d’impôt et les retraits sont non imposables;

6) Les revenus générés dans le CELI sont exonérés d’impôt. Conséquemment, les pertes en capital sont non déductibles;

7) Ici, il faut être vigilant! Les retraits génèrent de nouveaux droits de cotisation CELI (équivalent à la valeur à la date du retrait et non au montant de la cotisation initiale), mais seulement au début de l’année suivante.

8) Les droits de cotisation inutilisés sont ajoutés aux droits de cotisation de l’année suivante;

9) Aucune règle d’attribution ne s’applique tant et aussi longtemps que les contributions demeurent dans le CELI. Ainsi, vous pouvez fournir des fonds à votre conjoint ou conjoint de fait pour que celui-ci cotise à son CELI;

10) Les revenus du CELI sont exclus dans le calcul de l’admissibilité au Supplément de revenu garanti (SRG) ainsi que pour tous les programmes et crédits d’impôt fondés sur le revenu;

11) Respectez les limites des plafonds annuels pour éviter les pénalités. Un impôt de 1 % est exigé sur les sommes excédentaires aux droits de cotisation, et ce, pour chaque mois où ces sommes sont demeurées dans le CELI.

L’élément principal à retenir est que le CELI n’est pas un compte courant. Les retraits ne doivent pas être déposés à nouveau au cours de la même année, mais plutôt l’année suivante.

Vous pouvez détenir autant de CELI que vous le désirez. Toutefois, le total des sommes investies de tous vos comptes doit respecter les limites des plafonds établis. Mais pourquoi vous rendre la vie si difficile?

Trop de comptes CELI exigent des suivis plus serrés et vous risquez d’en perdre le contrôle. Restez simples dans vos finances et demeurez vigilants!

Cela étant dit, les titulaires du CELI qui n’ont pas encore répondu à la lettre reçue l’été dernier peuvent encore le faire. L’ARC étudiera chacune des demandes qui lui seront adressées.

Apprendre à négocier les options

Combien  de fois avez-vous entendu, les options c’est payant, il y a très peu d’investissement et ça rapporte gros ! Autre commentaire couramment entendu, les options c’est dangereux, il ne faut pas toucher à cela ! En fait, les deux affirmations précédentes nous ne disent pas l’essentiel concernant la négociation d’options

Comme toute chose que l’on apprivoise pour la première fois, il nous faut faire preuve d’ouverture d’esprit et y consacrer un minimum d’effort.

Le présent article se veut une courte introduction. Il est vrai que parfois certains concepts sont plus difficiles à assimiler.  Ayant la tentation bien légitime de plonger rapidement au cœur des nombreuses stratégies proposées, il est important de se rappeler que les options ont leur vocabulaire propre et pour bien comprendre les concepts plus avancés, il est requis de maîtriser ce dit vocabulaire de quelques dizaines de mots.

Un mot concernant le lien entre l’option et l’actif (sous-jacent) auquel elle est attachée – en général, l’option aura tendance à aller dans la même direction que l’actif (sous-jacent). Donc, dans ce contexte, pour ceux qui utilisent l’analyse technique, ils ne seront pas « dépaysés » car la même démarche s’impose. Bien sûr, bien d’autres facteurs entrent en ligne de compte. Par exemple, le débutant aurait intérêt à bien comprendre l’importance de la volatilité et ses effets sur la valeur d’une option.

Demandons-nous pour débuter qu’est ce qu’une option ? Quels en sont les fondements et les principes ?

La notion dans le langage courant, avoir une option sur un appartement ; une voiture, … correspond à un droit de préférence qui offre la possibilité (et non l’obligation) d’acheter à un prix garanti dans une période de temps donnée, et ce, préderminée au départ.

Une option cotée en bourse offre à son acquéreur le droit (et non l’obligation) d’acheter (option d’achat) ou de vendre (option de vente) une quantité déterminée d’un actif sous-jacent (actions, obligations, indices boursiers,…) à un prix donné (prix d’exercice de l’option), jusqu’à une date d’échéance. La durée de vie d’une option est donc limitée dans le temps.

Une option d’achat (call) offre la possibilité (et non l’obligation) d’acheter le sous-jacent alors qu’une option de vente (put) offre la possibilité (et non l’obligation) de vendre l’actif sous-jacent.

Le prix d’exercice (proposé par les autorités de marchés est le prix auquel l’acheteur d’une option peut acheter (call) ou vendre (put) le sous-jacent.

La prime est le prix payé par l’acheteur de l’option (achat de call ou de put en ouverture de position). Elle correspond également au montant perçu par le vendeur de l’option (vente de call ou de put en ouverture de position). Cette prime constitue donc la valeur du droit attaché à l’option.

L’acheteur d’une option a le droit (et non l’obligation) d’exercer l’option. Si l’acheteur décide d’exercer son option, le vendeur a l’obligation d’exécuter ce vœu.

Les options peuvent être vendues à découvert (contrairement aux warrants). Ainsi vous avez la possibilité de soit vendre un droit soit acheter un droit. Dans les deux cas, les attentes sont différentes.

  • Si vous achetez une option d’achat (Call) : vous attendez une hausse du sous-jacent (stock)
  • Si vous achetez une option de vente (Put) : vous attendez une baisse du sous-jacent (stock)
  • Si vous vendez une option d’achat (Call) : vous anticipez une baisse ou une stabilisation du cours du sous-jacent (stock)
  • Si vous vendez une option de vente (Put) : vous anticipez une hausse ou une stabilisation du cours du sous-jacent (stock)

Voici deux exemples concrets qui devraient apporter un peu d’éclairsissement :

Un exemple de Call :
Monsieur X fait chaque semaine un plein d’essence pour sa voiture.
A 1.15$ le litre de super, le plein de 60 litres lui revient chaque semaine à 69.00$.

Face aux risques de guerre au Moyen Orient et à une hausse des prix du pétrole qui pourrait en découler, Monsieur X passe un accord avec son pompiste. Il lui verse 150.00$ (prime) pour avoir le droit (et non l’obligation) d’acheter (call) pendant toute l’année son plein hebdomadaire à 1.15$ le litre.

Monsieur X avait vu juste : la guerre éclate et le prix à la pompe passe à 1.50$ le litre.
Grâce à son accord avec le pompiste, il continue à payer 1.15$ le litre, ce qui lui fait économiser 35 cents par litre soit 21.00$ par plein.

Le pompiste pour sa part doit vendre le litre d’essence à 1.15$ et il a 35 cents de manque à gagner par litre d’essence vendu à Monsieur X.

Cas n°1 :
Si la guerre dure et que le prix de l’essence reste à 1.50$ toute l’année.
Monsieur X aura économisé 21.00$ * 52 semaines, soit 1,092.00$
Si nous retirons la prime de son contrat avec le pompiste, nous obtenons un gain net de 942.00$ (1092 – 150).
Dans le même laps de temps, le pompiste a lui perdu la même somme.

Cas n°2
Il s’agit d’une guerre éclair, les cours retombent même en-dessous de 1.15$ par litre.
Monsieur X ne se sert pas de son droit d’acheter de l’essence à 1.15$, il la paie au prix affiché sur la pompe et il a donc perdu le montant de la prime du contrat qu’il avait fait avec son pompiste.
Le pompiste pour sa part se frotte les mains, il a encaissé la prime de 150.00$ et il continue à avoir Monsieur X comme client.

Conclusion de l’exemple 1 :
Monsieur X a acheté une option d’achat (Call) qui lui a été vendue par le pompiste.
Monsieur X ne perd pas plus que la prime qu’il a déboursée
Le pompiste ne gagne pas plus que la prime qu’il a encaissée.

Un exemple de put :
Le risque face auquel il convient désormais de se prémunir est une surproduction pétrolière au Moyen Orient qui conduirait immédiatement à une baisse des prix du pétrole.
Cette fois-ci c’est le pompiste qui propose à Monsieur X un accord.

Il se propose de lui verser une prime de 150.00$, en échange du droit de lui vendre toute l’année son plein hebdomadaire à 1.15$ du litre.

Le pompiste a vu juste et la surproduction massive d’or noire conduit à faire chuter les prix à 60 cents à la pompe.
Grâce à son contrat avec Monsieur X, le pompiste peut continuer à lui vendre l’essence à 1.15$ du litre et ainsi gagner 33.00$ par plein vendu.
Monsieur X n’a pas le choix, il doit acheter son litre d’essence à 1.15$ comme il s’y est engagé en acceptant d’encaisser la prime du contrat vendu par le pompiste. Aussi longtemps que durera la surproduction Monsieur X perdra 33.00$ par plein.

Cas n°1 :
L’essence reste à 60 cents toute l’année.
Le pompiste a un large sourire, il a encaissé 33 * 52 = 1,716.00$ de recette supplémentaire grâce à son contrat avec Monsieur X. Il convient toutefois de retirer la prime qu’il a payée. Son gain reste cependant très confortable avec 1,566.00$ de gagnés pour 150.00$ de déboursés.

Monsieur X a pour sa part perdu 1,716.00$ auxquels il convient de retirer la prime qu’il avait encaissée à la souscription du contrat, ce qui lui fait toutefois prendre sa mine des mauvais jours puisqu’il a perdu 1,566.00$.

Cas n°2
La surproduction n’était que passagère et vu que le gouvernement avait profité de l’effondrement des prix pour augmenter les taxes le retour à la normale conduit les prix à la pompe à dépasser les 1.15$.

Le pompiste ne se sert pas du droit que lui confère son contrat, il vend l’essence plein tarif à Monsieur X. Il n’a donc perdu que le montant de la prime de son contrat à savoir 150.00$.

Monsieur X pour sa part paye l’essence au prix affiché à la pompe mais il a tout de même encaissé la prime que le pompiste lui a versée à la signature du contrat.

Le pompiste a acheté une option de vente (Put) qui lui a été vendue par Monsieur X.

Nous nous apercevons à travers ces deux exemples que l’acheteur d’une option (call ou put) ne perd jamais plus que le prix payé pour l’achat du contrat et que son gain est théoriquement illimité.
En revanche le vendeur d’une option (call ou put) ne gagne jamais plus que le prix perçu à la vente du contrat mais que sa perte potentielle est théoriquement illimitée.

Dans le cas du marché des options du Canada et des États-Unis les options sont dites de types américaines (généralement les plus populaires), c’est-à-dire que l’exercice du droit d’acheter (call) ou de vendre (put) peut s’effectuer à tout moment entre la date d’achat et la date déchéance de l’option.
Il existe aussi des options de type européennes dont le droit ne peut s’exercer qu’à la date d’échéance et pas avant (ni après bien sûr).

Comment déterminer le prix d’un produit optionnel ? :

Si dans la théorie le prix d’une option se résume à une équation simple qui additionne la valeur intrinsèque de ladite option avec sa valeur temps (durée qui lui reste à courir jusqu’à l’échéance), dans la pratique nous verrons que c’est relativement plus complexe.

Prime d’une option = Valeur intrinsèque + Valeur temps.

Si vous voulez en savoir davantage sur les options, vous pouvez suivre sur mon blog la publication régulière de Topos sur le sujet. Ces courts Topos débutent avec les bases de la négociation d’options pour entrer au fur et à mesure dans des notions de plus en plus élaborées, pour éventuellement proposer des stratégies concrètes. S’il y a une consigne à respecter…prenez votre temps, il y aura y aura toujours des opportunités !

Libor, un autre indice de volatilité

Un indicateur à garder à l’oeil…

Au beau milieu de la crise, les taux LIBOR ont grimpé en flèche, reflétant la répugnance des banques à prêter de l’argent à d’autres banques. Plus la crise semblait inquiétante, plus les taux LIBOR grimpaient. Ils fonctionnaient ainsi comme une sorte « d’indicateur de la peur » ? Est-ce encore le cas aujourd’hui ?

Voici un extrait d’un article écrit par Eric Fry qui nous explique bien cet « autre » indice de volatilité que l’on connaît mal.

L’économie américaine ne semble pas pouvoir se débarrasser de sa gueule de bois. Les entreprises tardent à investir et à embaucher. Résultat : les finances des ménages continuent à se détériorer… et les défauts de paiements à augmenter.

Sans surprise, beaucoup parmi les plus grandes institutions financières mondiales sont autant malades qu’il y a trois ans. Et beaucoup parmi les plus grands gouvernements sont même encore plus malades…alors les créances douteuses finissent par devenir un problème.

Et peu importe si l’emprunteur est un créancier hypothécaire qui a « acheté » plus de maisons qu’il ne pouvait se le permettre ou un gouvernement qui a promis plus d’aides qu’il ne pouvait se le permettre.

La seule fois où une créance douteuse devient « acceptable » est lorsqu’une Banque centrale, un Etat ou tout autre « ange investisseur » intervient pour sauver le prêteur de sa propre incompétence.

Le problème avec cette intercession sélective est qu’elle modifie le cours de l’histoire pour des institutions ou des individus choisis, mais pas pour l’économie dans son ensemble.

Trois ans après les renflouements de 2008, les châteaux de sable construits par l’intervention gouvernementale ont disparus. Seul le violent ressac de la liquidation de la dette subsiste… et les vagues ont tout brisé sur leur passage, dans les gouvernements européens comme dans les ménages américains. C’est ainsi que les signes de difficultés sur le crédit augmentent.

Ces signes revêtent diverses formes. Mais l’une des plus parlantes est la direction des taux d’intérêt LIBOR. Le LIBOR est la contraction des mots « London Interbank Offered Rate » (taux interbancaire offert à Londres). C’est le taux auquel les banques empruntent des fonds non sécurisés d’autres banques sur le marché monétaire londonien (ou marché interbancaire).

Dans la plupart des cas, les taux LIBOR suivent les taux du Trésor court terme. En pleine crise, les taux LIBOR ont tendance à grimper tandis les taux du Trésor chutent. C’est exactement ce qui est arrivé au cours de la crise du crédit de 2008, comme le montre le graphique ci-dessous.

Cliquez ici pour obtenir les taux historiques des LIBOR RATES.

Manipulation des cours…

D’abord revenons en arrière. Dans l’antiquité le philosophe et mathématicien grec Thalès de Milet (625-547 av. J.-C.) passe pour avoir réalisé l’un des premiers « corners » sur l’huile d’olive (voir définition ici-bas). Ayant prévu une météorologie favorable et une bonne récolte, il aurait réservé, moyennant un faible dépôt de garantie unitaire, tous les moulins à huile de la région de Milet.

Plus récemment, le « corner » Volkswagen, lorsque la marque est devenue, le temps d’une séance, la plus grosse capitalisation boursière du monde (hausse de plus  de 81 %, après un gain supérieur à 146 % le lundi précédent). Considérant que la valorisation du titre était injustifiée, les hedged funds avaient parié sur sa baisse, se fondant sur l’information que Porsche, principal actionnaire possédait 42,5 % du titre. En réalité, il  possédait ou contrôlait 74 % des actions, notamment grâce à l’achat de calls, et l’État de Basse-Saxe en possédait 20 %, ne laissant que 6 % d’actions disponibles sur le marché, insuffisantes pour couvrir toutes les ventes à découvert. Les pertes des hedged funds impliqués mais aussi  de quelques banques sont colossales (plus de 30 milliards d’euros), et les profits de Porsche dans l’affaire pourraient être de l’ordre de 6 milliards d’Euros.

Une manipulation boursière, appelée aussi agiotage peut porter :  sur  les cours eux-mêmes : achats massifs pour les faire monter ou baisser  en donnant l’illusion d’une demande ou offre importante. Voir Corner (finance) ou au niveau de la communication (voir désinformation), sachant que l’information est en finance la principale matière première dont se nourrit l’évolution des cours.

Le but des manipulateurs est bien sûr d’utiliser à leur profit ces réactions qu’ils attendent du marché.

Cette  pratique est un délit qui s’apparente à une escroquerie. C’est l’un des  objectifs de l’Autorité des marchés financiers que de les détecter.

En  finance, un corner (du verbe anglais to corner, « acculer dans un coin », donne le verbe « cornériser ») est une manipulation de marché, organisée pour leur profit économique par un ou plusieurs intervenants agissant de concert, et dont le but est d’amener les vendeurs à découvert à liquider leurs positions en catastrophe et à n’importe quel prix.

Le « corner » est aujourd’hui considéré dans la plupart des législations comme un abus de marché, un délit passible de sanctions.

Principe :

Des  acteurs du marché, les acteurs « A », spéculent à la baisse sur un produit, par exemple les actions de la compagnie « X ». Ils vendent donc  aujourd’hui des actions « X » qu’ils ne possèdent pas encore : ils les ont achetées fictivement, en signant un contrat selon lequel ils ne devront payer effectivement ces actions qu’à une date donnée, par exemple dans un mois, et ce au prix qu’elles atteindront alors.

Le  but des « A » est donc que cette action baisse, pour que la vente qu’ils réalisent aujourd’hui soit supérieure au prix qui devra être payé  dans un mois. Ils peuvent essayer de contribuer à cette baisse par plusieurs moyens, légaux ou non (lancement de rumeurs sur la compagnie « X », mise sur le marché d’un grand nombre d’actions « X », etc.)

Mais  d’autres acteurs, les acteurs « B », peuvent essayer de mettre en échec  cette stratégie. Eux au contraire, vont essayer d’acheter le plus possible d’actions « X », et de les stocker. Cela contribue à soutenir le cours de l’action « X », qui ne baisse donc pas, comme les acteurs « A » l’espéraient. Quand le jour de l’échéance arrive, les « A » doivent à  tout prix acheter les actions qu’ils avaient vendues fictivement au début du mois. Les « B » sont donc en position de force, et vendent leurs actions « X » aux « A » à un prix qui dégage un profit pour eux.

Les « A » ont donc échoué dans leur spéculation à la baisse, tandis que les « B » ont réussi leur « corner ».

Une  opération de ce type, conduite plus ou moins volontairement, a amené en octobre 2008 à une flambée du titre Volkswagen, qui a atteint alors près de 1 000 euros, soit plus de trois fois son cours habituel.

Synonymes et variantes :

On  emploie aussi le mot « squeeze », du verbe anglais qui signifie « presser », mais qui a une signification plus large. Une situation de « squeeze » n’est pas nécessairement attribuable à l’action volontaire de quelqu’un ou de quelques-uns, elle peut parfaitement résulter d’un déséquilibre structurel ou réglementaire.

Plus généralement, on parle d’«accaparement» pour toute tentative de stocker des biens dans le but de créer artificiellement une pénurie et pour les revendre ensuite par petites fractions à prix élevés.

Les tentatives de « corner » sont des spéculations très hasardeuses, qui dans certains cas font effet boomerang sur leurs auteurs lorsque la situation de marché se retourne.

Dette, risque, etc…

Ces derniers mois, on a beaucoup entendu les mots DETTE, RISQUE, etc…Nos économies modernes ont péché par laxisme dans les dernières années et arrive la crise économique de 2007 pour qu’on se rende compte que l’endettement a ses vertus mais que trop de dettes a aussi ses conséquences…

Passé un certain point, les dettes deviennent « toxiques » autant pour les ménages que pour les pays. Dans ce dernier cas, les professeurs Reinhart et Rogoff mettent le point de non retour à 90% du PIB. La Grèce (120%), le Japon (229%) et les Etats-Unis (100%) ont tous dépassé ce seuil. Selon ces deux professeurs, une fois qu’on dépasse les 90% du PIB, la croissance décline de 1%. Voici donc que les États-Unis enregistraient autrefois une croissance annuelle du PIB de 3%; ils en sont désormais à 2%…est-ce un hasard ?

COMEX et tractations…

Qu’est-ce que le COMEX – (lieu de transactions pour les métaux précieux) ? Comment ses manipulations à la baisse sur le court terme favorisent-elles une hausse sur le long terme ?


Le COMEX (abréviation de New York Commodities Exchange) est la principale bourse de métaux précieux du monde. On y spécule à terme (les contrats sont appelés futures), misant sur la hausse/baisse du métal d’ici un, deux ou trois mois. A l’échéance du contrat, l’acheteur peut soit demander la livraison physique, soit encaisser sa plus-value en dollars.

Par rapport au volume global des transactions, la COMEX stocke seulement une fraction de métal, parce que la plupart des spéculateurs se contentent de se faire régler en papier-monnaie.

Les stocks sont insuffisants
Les stocks d’argent physique de la COMEX ont diminué considérablement au fil du temps, et il faudrait seulement un petit nombre de demandes de livraison pour les vider complètement. Autrement dit : il n’y en a pas pour tout le monde ! Une partie seulement des acheteurs recevra du métal, les autres auront du papier, du vent, rien !

Manipulations du cours de l’argent
Afin d’éviter une ruée sur les derniers lingots d’argent restants, la COMEX, de mèche avec de grandes banques américaines, tente de décourager les investisseurs, en faisant chuter artificiellement les cours.

Deux techniques de manipulation, parfois combinées, sont employées : 1° la « vente à découvert » et 2° « l’appel de marge ».

 1° « Vente à découvert » (short selling) :
Les prix sont poussés vers le bas artificiellement, au moyen de ventes papier, qui ne sont pas couvertes par du métal physique. Les vendeurs à découvert sont essentiellement de grandes banques américaines.

 2° « Appel de marge » (margin call)
Le COMEX demande une augmentation de la marge sur transaction. Le COMEX a plusieurs fois relevé sans préavis les exigences de marge, exigeant des acheteurs de déposer des sommes plus importantes au moment de conclure le contrat.

Ceux parmi les acheteurs qui n’ont pas les moyens d’augmenter immédiatement leur marge sont ainsi obligés de déboucler leur contrat, donc de vendre leurs positions acheteuses. Ces ventes renforcent la baisse. Les margin calls (appels de marge) de la COMEX ont fait choir brutalement le cours de l’argent en janvier et mai 2011.

Néanmoins, ces deux tactiques se retournent à la longue contre leurs auteurs
La « vente à découvert », en maintenant le prix bas artificiellement, constitue une subvention offerte aux acheteurs, une opportunité d’acheter un bien à un coût en dessous de sa valeur réelle.

Les « appels de marge » de plus en plus élevés éliminent les acheteurs fragiles, car seuls ceux qui ont les reins solides (trésorerie bien garnie) restent en lice. En langage boursier : « on secoue les mains faibles », et le métal passe entre des « mains fortes ».

Les manipulations baissières de la COMEX ne feront pas long feu, car des investisseurs bien décidés et financièrement solides profitent de l’opportunité (le repli) pour entrer dans le marché sous-évalué des métaux précieux à bon compte.

L’imposture de le COMEX prendra rapidement fin, car ses stocks seront prochainement tombés à zéro. Le grand gagnant sera alors celui qui détiendra du métal physique, car tous les papiers promettant du métal ne vaudront plus rien ! Faute de stock suffisant.

‘Stop loss’ avec modération…

Utiliser ou ne pas un utiliser une vente stop ( ’stop loss’), voilà une question souvent discuter entre les traders. Tout le monde a droit à sa méthode et c’est bien ainsi; toutefois allons explorer davantage une étude effectuée à la Michael G. Forster School of Business, à l’Université de Washington.

Imaginez un moment que vous allez à Las Vegas avec une stratégie auquelle vous croyez fortement, et bien sûr avec de l’argent. Vous arrêterez de jouer quand vous perdrez 500 $. Vos pertes potentielles seront limitées à ces 500 $ et vous pensez avoir à peu près les mêmes chances de gagner au moins 500 $. Ce n’est hélas pas vrai. Dans le monde de la finance, une telle stratégie s’appelle un stop loss et, je vais vous surprendre car en tant que trader vous n’avez pas pour habitude que l’on vous dise cela, elle ne produit pas de performance supérieure. Pas de panique, on s’explique !

Avec un stop loss, l’investisseur a la fausse impression d’être protégé contre la baisse des marchés. L’idée de base est pourtant simple : quand une position baisse d’un certain pourcentage, par exemple de 1%, elle est automatiquement vendue. Intuitivement, on se dit qu’à part quelques accidentsde parcours, le portefeuille ne perdra pas plus de 1%, et profitera de toutes les hausses à venir. Ce n’est pas comme cela dans la réalité ; c’est ce qu’ont démontré des chercheurs de l’université de Washington.

Dans la réalité, la performance du portefeuille tend à se concentrer au point de stop loss (-1% dans notre exemple), selon les recherches de Kira Detko, Wilson Ma et Guy Morita. Utiliser des stop loss
revient à croire qu’ils n’auront qu’un effet : limiter les pertes à un certain niveau prédéfini.

Mais une autre conséquence est que le portefeuille multipliera les prises de perte à ce niveau, justement. Ce qui nuit à la distribution des performances, puisque sans ces stop loss, ces petites pertes n’auraient pas été prises.

L’originalité du papier de Detko, Ma et Morita est qu’ils raisonnent en termes de coûts et bénéfices face à l’utilisation des stop loss. Utiliser un stop loss revient à croire au Père Noël, pour ce qui est des coûts et bénéfices.

Un enfant qui croit au vieux bonhomme barbu sait qu’il recevra un cadeau s’il est sage. C’est le bénéfice. Le coût est celui du cadeau, qui est à la charge des parents — car le Père Noël n’existe pas, du moins pas dans le monde de la finance. Un investisseur qui veut gérer son risque grâce aux stop loss (c’est son bénéfice) doit aussi en supporter les coûts, qui sont cachés. Il a été déjà mentionné le premier — les performances sont pénalisées. Il en existe d’autres que le graphique ci-dessous vous permet de visualiser, et qui explosent près du niveau auquel est fixé le stop loss.

Dans le cas d’un marché sans direction (la performance est proche de zéro), nous voyons que les bénéfices du stop loss sont anéantis par ses coûts. Dans un marché haussier, les stop loss car ils réduisent la performance, car ils ne permettent pas à un actif de corriger puis de se reprendre. Dans les marchés baissiers, enfin, ils limitent les pertes.

Globalement, démontrent ces chercheurs américains, l’utilisation de stop loss n’a pas d’impact significatif sur la performance. C’est pourquoi ceux qui les utilisent doivent prendre en compte d’autres facteurs que leur perte maximale souhaitée, comme la liquidité, les coûts de friction, la stratégie et la structure du portefeuille. En conclusion, la technique du stop loss n’apporte aucun avantage en elle-même…

En 2005, Robert Macrae, d’Arcus Investments, avait démontré qu’une stratégie impliquant des stop loss augmentait la volatilité, ce qui est l’inverse de l’objectif recherché. La raison : avec des stop loss, l’effet de levier doit être plus important pour assurer une exposition constante. D’où le regain de volatilité.

Cette technique est néanmoins particulièrement appréciée par les gérants de portefeuille pour deux raisons. La première : elle endort le client, qui a la fausse sensation de connaître son risque et d’être protégé. Il sait qu’il n’a pas besoin de passer son temps devant les cours boursiers, le doigt sur le bouton de sa souris pour être prêt à vendre.

La deuxième raison : elle multiplie les opérations (ventes automatiques quand le seuil est atteint, puis achats), ce qui génère des commissions de transaction pour la banque.

L’investisseur, là-dedans, est encore une fois le dernier des soucis du courtier ou du banquier…

Un pip, c’est quoi ?

Forex est le surnom couramment et universellement donné au marché des changes sur lequel les devises sont échangées l’une contre l’autre, à des taux de change qui varient sans cesse. Ce mot est issu de la contraction des termes anglais Foreign Exchange.

Si vous avez déjà négocié sur le Forex, vous avez entendu parler de « pip ». En fait, comme vous l’avez probablement remarqué, chaque instrument financier a son langage propre et le Forex (marché des devises) a bien entendu le sien.

Un pip (en anglais : price interest point) désigne la plus petite unité de cotation d’une paire (exemple : USD/CAD). Pour de nombreuses paires de devise, il s’agit de la quatrième décimale après la virgule.

Si la cotation de l’EUR/USD passe de 1,3800 à 1,13809, on dira que la paire a progressé de 9 pips (soit 1,3809 – 1,3800).

Remarque : la norme ISO 4217 définit des codes en trois lettres pour chaque devise et à quelques exception près :

  • Les deux (2) premières lettres désignent le pays (exemple : US = États-Unis)
  • La troisième (3) lettre correspond à la première lettre du nom de la devise (exemple = USD correspond à dollar)

On obtient donc :

  • USD pour United States Dollar
  • CAD pour Canadian Dollar
  • JPY pour Japan Yen

Comment calculer la valeur d’un pip ?

Exemple no. 1 – dans le cas de l’EUR/USD

  • Pour l’EUR/USD : DRIP = 0,0001 — soit la cotation suivante : EUR/USD = 1,3800

On obtient :

  • Valeur d’un pip en USD = 100,000 x 0,0001 = 10 USD
  • Valeur d’un pip en EUR = 10 / 1,3800 = 7,24 EUR

Potentiel de la consommation discrétionnaire

Il me semble que le secteur de la consommation est souvent boudé par les analystes. Il est vrai que ce n’est que très rarement un secteur à la mode. Pourtant ce secteur offre réellement du potentiel. Généralement, on le scindera en deux catégories :

  • l’indice plafonné de la consommation discrétionnaire ;
  • l’indice plafonné des biens de consommation de base;


Quand l’activité en vogue dans les pays émergents devient le shopping, c’est que les gens habitant ces pays veulent (comme nous) se mettre à consommer davantage. ?

Les samedis après-midi, les rues commerçantes de Pékin, de São Paulo ou de Johannesburg sont envahies par des foules de consommateurs. Au fur et à mesure que les populations s’enrichissent, les goûts se diversifient. Fini les tenues traditionnelles et les goûts uniformisés. L’heure est à la consommation et à la diversification !

Cette tendance n’a pas échappé aux grands groupes de la distribution. Les géants comme Wall-mart ou Carrefour (en Europe) savent bien qu’ils ne se maintiendront au sommet qu’en réussissant à se positionner sur ces marchés. Mais leur suprématie est déjà contestée. Des poids lourds de la distribution naissent dans les pays émergents.

A l’heure où les marchés émergents prennent le relai de la croissance, le secteur de la distribution est donc en pleine ébullition.

La consommation de masse de développe – D’après une étude, le consommateur chinois accroît d’année en année sa consommation de « biens non-essentiels » communément appelé « consommation discrétionnaire ». « Bien non-essentiels », un bel euphémisme pour désigner tout ce qu’on trouve dans les hypermarchés. Promotions sur les perceuses, les pyjamas… comment résister ?

Nous assistons à une véritable soif de consommer. D’après cette étude, 75% des urbains de la classe moyenne chinoise ont l’intention d’augmenter leurs dépenses dans les six prochains mois. Au Brésil, la tendance est similaire. Les ventes des distributeurs ont progressé de 21% en 2010.

Le développement du crédit multiplie le pouvoir d’achat – A l’heure où les analystes s’inquiètent du ralentissement dans les émergents, le consommateur affiche une confiance à toute épreuve dans l’avenir. Pour preuve, le crédit à la consommation se répand partout ! 80% des urbains chinois possèdent déjà une carte bancaire. Encore plus impressionnant, 63% en possèdent plus d’une ! Même tendance au Brésil. Le crédit au particulier a augmenté de 25% en 2010.

La jeunesse consomme de plus en plus – Les 25-35 ans ont eux aussi confiance en l’avenir. Armés en un temps record de cartes de crédits, ils assureront la croissance de la consommation locale. D’ailleurs, leur consommation est largement encouragée par les banques nationales. Le géant bancaire chinois ICBC a déclaré son intention de développer le crédit à la consommation sur les cinq ans à venir.

Les groupes français ont un temps d’avance – La France a été un des premiers à anticiper le tournant vers la consommation de masse des BRIC. Les groupes du CAC 40 (bourse française) y ont vu très vite un relai de croissance. L’annonce des résultats des groupes français en mars dernier a confirmé la justesse de leur stratégie.

  1. Casino a vu ses ventes grimper de 30% sur les émergents en 2010.
  2. Les résultats d’Auchan ont eux aussi été tirés par les émergents. Le groupe a vu ses ventes progresser de 23% en Asie. Désormais, la Chine et la Russie sont ses nouvelles cibles.
    … mais la compétition s’intensifie entre les Occidentaux – De l’autre côté de l’Atlantique, le secteur se réorganise. Après avoir loupé le décollage des émergents, le géant Wall-Mart a lancé une gigantesque offensive sur ces pays en 2010. L’américain a racheté le sud-africain Massmart, très présent en Afrique. Il vient également de conclure une alliance avec l’indien Bharti Airtel. Mais Wall-Mart reste encore à la traîne dans le secteur. Son grand rival Carrefour réalise déjà 60% de son chiffre d’affaires sur les émergents !

Les groupes émergents montent en puissance – « La récession a été fantastique« . La phrase a été prononcée par le PDG du plus grand groupe de distribution africain, Shoprite. Les groupes locaux montent en puissance. Leur force : Une meilleure connaissance de la demande de leurs consommateurs. Ainsi, le sud-africain Shoprite a su capter la demande africaine en se positionnant sur le haut comme sur le bas de gamme. Désormais, Shoprite est présent dans 16 pays et compte plus de 16 millions de clients.

En Inde, c’est le conglomérat Bharti Airtel qui veut faire son entrée sur ce secteur qui croit de 20% par an.

Face au dynamisme de ces groupes, les Occidentaux ont trouvé la parade : l’alliance !

Changement d’échelle ! – Les pays émergents ne représentent pas seulement de nouvelles opportunités, ils représentent également une nouvelle échelle. Les marchés sont gigantesques. Par exemple, pour toucher les classes moyennes chinoises en 2020, les groupes devront être présents dans 240 villes. Aujourd’hui, les entreprises sont présentes dans « seulement » 70 villes.

S’implanter dans les pays dits émergents n’est donc pas offert à tous le monde. L’alliance représente donc la meilleure façon de pénétrer ces marchés gigantesques.

L’Asie fait encore et toujours figure d’Eldorado – Si le marché brésilien a tant qu’à lui atteint une certaine maturité, le marché chinois et dans une moindre mesure (pour le moment) l’Inde restent encore largement inexplorés.